Hudson Piers / Présentation

Hudson Piers

Tel un peintre impressionniste obsédé par le même paysage, Pierre-henri Chauveau photographie depuis cinq ans les vestiges des anciens docks de New York.

Irrésistiblement attiré par le parfum de désastre ancestral qui persiste sur ces rives de l’Hudson, à chacune de ses méditations devant ce morceau décrépi de l’histoire des Etats-Unis, il a pétri quelques-unes de ces ruines dans le grain rugueux des pellicules polaroïds. Après un long processus de maturation dans son atelier de Paris, ces images ont été exposées pour la première fois à la galerie Matignon.

Enclave à décomposition lente au cœur d’une ville effervescente, les « collapsed piers » de Pierre Henri Chauveau sont rongés par une lèpre invisible : les poteaux de soutènement des jetées fondent doucement dans l’eau maussade tandis que les carcasses éffondrées de dinosaures métalliques se souviennent des millions d’émigrants que les paquebots géants déversaient dans leurs entrailles.

La municipalité new-yorkaise rase jour après jour ces décombres d’un autre âge.
Les photos de Pierre-Henri Chauveau leur survivront quelque temps, assez de temps en tout cas pour méditer sur elles, cette phrase fatidique de Francis Scott Fitzgerald en tête, «Toute vie est bien entendu un processus de démolition.»

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